Simulateur d’augmentation de salaire
Une augmentation de 100 € brut sur un salaire de 2 500 € laisse 79 € net par mois, soit 950 € sur l’année. Elle coûte 174 € par mois à l’employeur — le chiffre que personne ne vous donne avant un entretien.
Les deux chiffres d’une augmentation
Une hausse de salaire produit deux montants très différents, et la négociation se joue sur l’écart entre eux.
Du côté du salarié, les cotisations retiennent environ 20,8 % du brut. 100 € de hausse donnent donc 79 € net, puis 71 € une fois l’impôt pris en compte.
Du côté de l’employeur, la même hausse coûte 174 € : le brut, plus les cotisations patronales, moins l’exonération qu’elle fait perdre. Le rapport entre le budget engagé et le gain réel s’établit à 2,19 € par euro net sur un salaire médian, et il varie fortement selon le niveau de salaire.
Ce que votre augmentation coûte à l’entreprise
Le budget engagé par l’employeur est public, calculable, et rarement calculé. Sur un salaire de 2 500 € brut, une hausse de 100 € représente 174 € par mois pour l’entreprise, soit 2 085 € sur l’année — pour 79 € net dans votre poche.
Le rapport entre les deux est la donnée intéressante : 2,19 € de budget par euro net gagné. Et ce rapport n’est pas constant. Il est d’autant plus élevé que le salaire est bas :
| Salaire actuel | Net gagné | Après impôt | Coût employeur | Budget par euro net |
|---|---|---|---|---|
| 1 867 € | 79 € | 71 € | 197 € | 2,49 € |
| 2 000 € | 79 € | 71 € | 191 € | 2,41 € |
| 2 200 € | 79 € | 71 € | 183 € | 2,31 € |
| 2 500 € | 79 € | 71 € | 174 € | 2,19 € |
| 3 000 € | 79 € | 71 € | 163 € | 2,06 € |
| 3 500 € | 79 € | 57 € | 158 € | 1,99 € |
| 4 500 € | 80 € | 58 € | 146 € | 1,82 € |
| 6 000 € | 80 € | 58 € | 143 € | 1,79 € |
Statut non cadre, une part fiscale, entreprise de vingt salariés. Calculé sur le modèle socio-fiscal de l’Urssaf.
Augmenter un bas salaire coûte relativement plus cher. À 1 867 €, il faut 2,49 € de budget pour un euro net ; à 6 000 €, 1,79 € suffisent. La raison tient à la réduction générale de cotisations patronales, qui s’applique jusqu’à trois fois le SMIC et diminue à chaque euro de salaire en plus : sur un bas salaire, l’entreprise paie la hausse et perd une part de son exonération — 53 € par mois dans le premier cas, 0 € dans le second.
Ce n’est pas un argument à accepter tel quel : c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose, et pour savoir que l’obstacle n’est pas votre travail.
Brut ou net : la question à trancher avant l’entretien
Dire « je voudrais 100 € de plus » est ambigu, et l’ambiguïté ne joue jamais en votre faveur. Une hausse de 100 € brut ne fait que 79 € net sur le bulletin. Pour gagner réellement 100 € net par mois, il faut demander 126 € brut, soit 26 € de plus que le chiffre qu’on a spontanément en tête.
| Salaire actuel | Net voulu | Brut à demander | Écart |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | 100 € | 126 € | 26 € |
| 2 500 € | 100 € | 126 € | 26 € |
| 3 000 € | 100 € | 126 € | 26 € |
| 4 000 € | 100 € | 132 € | 32 € |
Statut non cadre, une part fiscale, sans mutuelle. L’écart correspond aux cotisations salariales, autour de 20,8 % du brut.
La règle pratique tient en une phrase : annoncez un montant brut, et sachez ce qu’il vous laisse. Votre interlocuteur raisonne en brut parce que c’est la ligne de son budget ; vous raisonnez en net parce que c’est ce qui arrive sur le compte. Poser les deux chiffres sur la table évite qu’on vous accorde ce que vous n’avez pas demandé.
Pourquoi la trappe à bas salaires est un vrai sujet
L’écart mesuré plus haut — 2,49 € de budget par euro net au SMIC contre 1,79 € à 6 000 € — n’est pas une curiosité comptable. Il décrit une situation concrète : plus un salaire est bas, plus il est coûteux de l’augmenter, et plus les augmentations y sont rares.
Le mécanisme est la réduction générale de cotisations patronales, qui allège fortement le coût des rémunérations proches du SMIC et se retire progressivement jusqu’à trois fois le SMIC. Elle rend l’embauche à bas salaire abordable ; elle rend aussi la progression plus chère, puisque chaque euro de hausse en fait perdre une fraction.
Pour un salarié, la conséquence pratique est simple : si votre rémunération est proche du SMIC, une demande d’augmentation se heurtera à un coût réel plus élevé qu’ailleurs. Cela ne la rend pas illégitime, mais cela explique la réponse, et cela oriente l’argumentation vers ce qui n’est pas qu’une question de budget — le périmètre du poste, la grille conventionnelle, l’écart avec le marché.
Ce que ce calcul ne couvre pas
Le résultat vaut pour une augmentation de salaire de base dans le secteur privé, à temps plein et à durée du travail inchangée. Trois situations suivent d’autres règles :
- la fonction publique, où la rémunération dépend d’un indice et non d’un salaire négocié ;
- une revalorisation obtenue par changement de coefficient dans une grille conventionnelle, qui peut s’accompagner d’autres effets ;
- une hausse de rémunération passant par des heures supplémentaires ou des primes, qui ne suivent pas le même régime — voir la page heures supplémentaires.
Questions fréquentes
Une augmentation de 100 € brut, ça fait combien en net ?
Environ 78 € net sur le bulletin, pour un salaire de 2 500 € brut et un statut non cadre. Après impôt, le gain réel tourne autour de 70 €. Le taux de conversion n’est pas fixe : il varie avec le statut, le niveau de salaire et le franchissement éventuel du plafond de la Sécurité sociale.
Combien faut-il demander en brut pour gagner 100 € net ?
Environ 126 € brut sur un salaire de 2 000 €. C’est la confusion la plus fréquente au moment de formuler une demande : annoncer « je voudrais 100 € de plus » sans préciser l’unité conduit à négocier sur le brut, puis à recevoir un quart de moins que prévu. Le simulateur affiche les deux montants.
Combien coûte mon augmentation à mon employeur ?
Nettement plus que ce que vous gagnez. Sur un salaire proche du SMIC, il faut environ 2,47 € de budget employeur pour qu’un euro net arrive dans votre poche ; à 6 000 € de salaire, 1,79 € suffisent. L’écart vient de la réduction générale de cotisations patronales, qui diminue à mesure que le salaire augmente : chaque euro de hausse en fait perdre une fraction.
Pourquoi est-il plus difficile d’obtenir une augmentation sur un bas salaire ?
Parce qu’elle coûte relativement plus cher. La réduction générale de cotisations patronales s’applique jusqu’à 3 SMIC et décroît continûment : augmenter un salaire proche du SMIC fait perdre une part de cette réduction, qui s’ajoute au coût de la hausse elle-même. L’entreprise engage donc davantage de budget pour un même gain net. Ce n’est pas un argument à accepter, mais c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose.
Mon employeur peut-il refuser une augmentation sans se justifier ?
Oui. L’augmentation individuelle relève du pouvoir de direction de l’employeur, qui n’a pas à motiver son refus. Deux limites existent : votre rémunération ne peut pas descendre sous le minimum de votre convention collective, et l’égalité de traitement interdit un écart injustifié entre salariés placés dans une situation identique. En cas de désaccord persistant, voir qui contacter.
Vaut-il mieux une augmentation ou une prime ?
Une augmentation, à budget employeur comparable. Elle est acquise, sert de base à toutes les augmentations suivantes, relève votre salaire de référence pour l’allocation chômage et entre dans le calcul des indemnités de rupture comme de l’assiette retraite. Une prime versée une fois n’a pratiquement aucun effet sur ces points. C’est l’argument à avoir en tête quand l’entreprise propose la seconde.
Une augmentation peut-elle me faire changer de tranche d’imposition ?
Oui, si elle porte votre revenu annuel au-delà d’un seuil du barème. Le franchissement ne concerne toutefois que la fraction qui dépasse le seuil, jamais la totalité du revenu : une augmentation ne peut pas vous faire gagner moins qu’avant. L’idée inverse est très répandue, et fausse.