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Augmentation de 75 € brut Barèmes 2026

Augmentation de 75 € brut : ce que ça change

59 €net par mois

Attention à la formulation : 75 € brut ne font que 59 € net. Pour gagner réellement 75 € net par mois, il faudrait demander 95 € brut. C’est cette confusion qui fait négocier sur le mauvais chiffre.

Le coût pour l’employeur va de 148 € sur un salaire au SMIC à 108 € sur un salaire de 6 000 € : c’est le tableau ci-dessous qui donne le détail.

Le détail du calcul

Augmentation brute75,00 €
Cotisations salariales− 15,64 €
Net gagné par mois59,36 €
Impôt supplémentaire, par mois− 6,09 €
Gain réel après impôt53,27 €
Sur douze mois639,24 €

Sur un salaire de 2 500 € brut, statut non cadre, célibataire, une part fiscale. L’augmentation conserve 79,2 % de son montant en net.

Ce que votre augmentation coûte à l’entreprise

Savoir ce que l’entreprise engage réellement change la nature de la conversation : on ne négocie plus un chiffre, on négocie un budget. Sur un salaire de 2 500 € brut, une hausse de 75 € représente 130 € par mois pour l’entreprise, soit 1 560 € sur l’année — pour 59 € net dans votre poche.

Le rapport entre les deux est la donnée intéressante : 2,19 € de budget par euro net gagné. Et ce rapport n’est pas constant. Il est d’autant plus élevé que le salaire est bas :

Salaire actuel Net gagné Après impôt Coût employeur Budget par euro net
1 867 € 59 € 53 € 148 € 2,50 €
2 000 € 59 € 53 € 143 € 2,41 €
2 200 € 59 € 53 € 137 € 2,30 €
2 500 € 59 € 53 € 130 € 2,19 €
3 000 € 59 € 53 € 122 € 2,06 €
3 500 € 59 € 43 € 118 € 1,99 €
4 500 € 60 € 43 € 110 € 1,82 €
6 000 € 60 € 43 € 108 € 1,79 €

Statut non cadre, une part fiscale, entreprise de vingt salariés. Calculé sur le modèle socio-fiscal de l’Urssaf.

Augmenter un bas salaire coûte relativement plus cher. À 1 867 €, il faut 2,50 € de budget pour un euro net ; à 6 000 €, 1,79 € suffisent. La raison tient à la réduction générale de cotisations patronales, qui s’applique jusqu’à trois fois le SMIC et diminue à chaque euro de salaire en plus : sur un bas salaire, l’entreprise paie la hausse et perd une part de son exonération — 41 € par mois dans le premier cas, 0 € dans le second.

Ce n’est pas un argument à accepter tel quel : c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose, et pour savoir que l’obstacle n’est pas votre travail.

Brut ou net : la question à trancher avant l’entretien

Un salaire se négocie en brut. Un budget se vit en net. Entre les deux, il manque 20 €. Une hausse de 75 € brut ne fait que 59 € net sur le bulletin. Pour gagner réellement 75 € net par mois, il faut demander 95 € brut, soit 20 € de plus que le chiffre qu’on a spontanément en tête.

Salaire actuel Net voulu Brut à demander Écart
2 000 € 75 € 95 € 20 €
2 500 € 75 € 95 € 20 €
3 000 € 75 € 95 € 20 €
4 000 € 75 € 101 € 26 €

Statut non cadre, une part fiscale, sans mutuelle. L’écart correspond aux cotisations salariales, autour de 20,8 % du brut.

La règle pratique tient en une phrase : annoncez un montant brut, et sachez ce qu’il vous laisse. Votre interlocuteur raisonne en brut parce que c’est la ligne de son budget ; vous raisonnez en net parce que c’est ce qui arrive sur le compte. Poser les deux chiffres sur la table évite qu’on vous accorde ce que vous n’avez pas demandé.

Ajuster à votre situation

Modifiez le salaire actuel, le statut et le nombre de parts pour obtenir votre cas exact — le brut à demander se recalcule en même temps.

Simulateur d’augmentation net gagné et coût employeur
Statut
Net gagné par mois
Net gagné par mois : 59

soit 712 € sur l’année. Après impôt, il reste 53 € par mois.

Coût employeur
130 €
charges comprises
Budget par euro net
2,19
ce que l’entreprise engage
Brut à demander
95 €
pour ce montant en net
Rendement
79,2 %
net / brut

Ce que 75 € par mois représentent dans la durée

Un montant mensuel se juge mal. Ramené à l’année et à la carrière, il prend une autre allure. Sur la base d’un salaire de 2 500 € brut, soit 1 979 € net par mois :

  • 712 € net sur douze mois, soit l’équivalent de 0,4 mois de salaire net supplémentaires par an.
  • 3,0 % de votre net actuel — c’est le chiffre à comparer à l’inflation de l’année pour savoir si votre pouvoir d’achat progresse réellement ou se maintient.
  • 3 196 € après impôt sur cinq ans, à salaire inchangé par ailleurs. Et ce calcul sous-estime le total : une augmentation devient la base des suivantes, qui s’appliquent donc à un salaire déjà relevé.

C’est cette composition qui distingue une augmentation d’une prime du même montant annuel. La prime s’arrête l’année où elle n’est pas reconduite ; l’augmentation continue, et elle entraîne avec elle le salaire de référence du chômage, l’assiette des cotisations retraite et le calcul des indemnités de rupture.

Ce qu’il faut savoir avant de demander

  • À ce niveau, l’enjeu n’est pas la somme. 75 € brut représentent 59 € net par mois : le montant se discute rarement à ce détail près. Ce qui se joue, c’est d’obtenir le principe d’une revalorisation, qui servira de base l’année suivante. Une petite augmentation acquise vaut mieux qu’une grande promise.
  • Le refus n’a pas à être motivé. L’augmentation individuelle relève du pouvoir de direction. Deux limites existent tout de même : le minimum conventionnel, et l’égalité de traitement entre salariés placés dans une situation identique. Un écart durable et injustifié entre deux postes équivalents peut être contesté — voir qui contacter.
  • Les cotisations retraite suivent le salaire. Une augmentation accroît l’assiette sur laquelle vos points sont acquis, chaque année où elle s’applique. Une prime du même montant annuel n’a cet effet qu’une fois.
  • Une augmentation ne se rattrape pas. Contrairement à une prime, elle ne peut pas être « versée plus tard » : chaque mois passé sans elle est 59 € net définitivement perdus. C’est un argument de calendrier, utile quand on vous propose de reparler du sujet dans six mois — soit 356 € net.

La même somme en prime : ce que vous perdriez

Une entreprise qui hésite propose souvent une prime plutôt qu’une augmentation. À budget identique — 1 560 € sur l’année, charges comprises — elle pourrait verser une prime unique d’environ 1 236 € brut, qui laisserait 979 € net et 878 € après impôt.

Face à cela, l’augmentation rapporte 712 € net sur la même année. Les deux montants sont du même ordre : l’écart ne se joue pas la première année, il se joue après. Sur cinq ans et à salaire inchangé par ailleurs, l’augmentation aura rapporté 3 562 € net, quand la prime devra être renégociée chaque année pour suivre.

  • L’augmentation est acquise et se reconduit sans être renégociée. La prime est le plus souvent discrétionnaire.
  • Elle sert de base aux augmentations suivantes, qui s’appliquent donc à un salaire déjà relevé.
  • Elle relève le salaire de référence retenu pour l’allocation chômage et les indemnités de rupture.
  • Elle accroît l’assiette des cotisations retraite chaque année où elle s’applique, et non une seule fois.

À budget égal pour l’employeur, une augmentation vaut donc structurellement plus qu’une prime. C’est l’argument à poser quand on vous propose la seconde — et le calcul détaillé est sur la page prime en net.

À retenir

Une augmentation vaut structurellement plus qu’une prime de même montant annuel : elle sert de base aux augmentations suivantes, relève le salaire de référence de l’allocation chômage et entre dans le calcul des indemnités de rupture. À budget égal pour l’employeur, l’écart est réel.

Questions fréquentes

Une augmentation de 100 € brut, ça fait combien en net ?

Environ 78 € net sur le bulletin, pour un salaire de 2 500 € brut et un statut non cadre. Après impôt, le gain réel tourne autour de 70 €. Le taux de conversion n’est pas fixe : il varie avec le statut, le niveau de salaire et le franchissement éventuel du plafond de la Sécurité sociale.

Combien faut-il demander en brut pour gagner 100 € net ?

Environ 126 € brut sur un salaire de 2 000 €. C’est la confusion la plus fréquente au moment de formuler une demande : annoncer « je voudrais 100 € de plus » sans préciser l’unité conduit à négocier sur le brut, puis à recevoir un quart de moins que prévu. Le simulateur affiche les deux montants.

Pourquoi est-il plus difficile d’obtenir une augmentation sur un bas salaire ?

Parce qu’elle coûte relativement plus cher. La réduction générale de cotisations patronales s’applique jusqu’à 3 SMIC et décroît continûment : augmenter un salaire proche du SMIC fait perdre une part de cette réduction, qui s’ajoute au coût de la hausse elle-même. L’entreprise engage donc davantage de budget pour un même gain net. Ce n’est pas un argument à accepter, mais c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose.

Mon employeur peut-il refuser une augmentation sans se justifier ?

Oui. L’augmentation individuelle relève du pouvoir de direction de l’employeur, qui n’a pas à motiver son refus. Deux limites existent : votre rémunération ne peut pas descendre sous le minimum de votre convention collective, et l’égalité de traitement interdit un écart injustifié entre salariés placés dans une situation identique. En cas de désaccord persistant, voir qui contacter.

Vaut-il mieux une augmentation ou une prime ?

Une augmentation, à budget employeur comparable. Elle est acquise, sert de base à toutes les augmentations suivantes, relève votre salaire de référence pour l’allocation chômage et entre dans le calcul des indemnités de rupture comme de l’assiette retraite. Une prime versée une fois n’a pratiquement aucun effet sur ces points. C’est l’argument à avoir en tête quand l’entreprise propose la seconde.

Autres montants d’augmentation

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