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Augmentation de 400 € brut Barèmes 2026

Augmentation de 400 € brut : ce que ça change

317 €net par mois

400 € brut de plus par mois, cela fait 317 € net immédiatement et 3 800 € net sur douze mois. L’augmentation coûte 682 € à l’entreprise : connaître ce montant, c’est savoir quelle marge de discussion existe réellement.

Le coût pour l’employeur va de 761 € sur un salaire au SMIC à 574 € sur un salaire de 6 000 € : c’est le tableau ci-dessous qui donne le détail.

Le détail du calcul

Augmentation brute400,00 €
Cotisations salariales− 83,36 €
Net gagné par mois316,64 €
Impôt supplémentaire, par mois− 32,48 €
Gain réel après impôt284,16 €
Sur douze mois3 409,92 €

Sur un salaire de 2 500 € brut, statut non cadre, célibataire, une part fiscale. L’augmentation conserve 79,2 % de son montant en net.

Ce que votre augmentation coûte à l’entreprise

C’est le chiffre qui manque dans toutes les discussions salariales, et c’est pourtant celui sur lequel votre interlocuteur décide. Sur un salaire de 2 500 € brut, une hausse de 400 € représente 682 € par mois pour l’entreprise, soit 8 178 € sur l’année — pour 317 € net dans votre poche.

Le rapport entre les deux est la donnée intéressante : 2,15 € de budget par euro net gagné. Et ce rapport n’est pas constant. Il est d’autant plus élevé que le salaire est bas :

Salaire actuel Net gagné Après impôt Coût employeur Budget par euro net
1 867 € 317 € 284 € 761 € 2,40 €
2 000 € 317 € 284 € 740 € 2,34 €
2 200 € 317 € 284 € 713 € 2,25 €
2 500 € 317 € 284 € 682 € 2,15 €
3 000 € 317 € 276 € 645 € 2,04 €
3 500 € 317 € 228 € 620 € 1,96 €
4 500 € 321 € 231 € 586 € 1,83 €
6 000 € 321 € 231 € 574 € 1,79 €

Statut non cadre, une part fiscale, entreprise de vingt salariés. Calculé sur le modèle socio-fiscal de l’Urssaf.

Augmenter un bas salaire coûte relativement plus cher. À 1 867 €, il faut 2,40 € de budget pour un euro net ; à 6 000 €, 1,79 € suffisent. La raison tient à la réduction générale de cotisations patronales, qui s’applique jusqu’à trois fois le SMIC et diminue à chaque euro de salaire en plus : sur un bas salaire, l’entreprise paie la hausse et perd une part de son exonération — 187 € par mois dans le premier cas, 0 € dans le second.

Ce n’est pas un argument à accepter tel quel : c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose, et pour savoir que l’obstacle n’est pas votre travail.

Brut ou net : la question à trancher avant l’entretien

Une demande d’augmentation se chiffre toujours en brut du côté de l’employeur, et en net du côté du salarié. Les deux ne parlent pas de la même somme. Une hausse de 400 € brut ne fait que 317 € net sur le bulletin. Pour gagner réellement 400 € net par mois, il faut demander 505 € brut, soit 105 € de plus que le chiffre qu’on a spontanément en tête.

Salaire actuel Net voulu Brut à demander Écart
2 000 € 400 € 505 € 105 €
2 500 € 400 € 505 € 105 €
3 000 € 400 € 505 € 105 €
4 000 € 400 € 506 € 106 €

Statut non cadre, une part fiscale, sans mutuelle. L’écart correspond aux cotisations salariales, autour de 20,8 % du brut.

La règle pratique tient en une phrase : annoncez un montant brut, et sachez ce qu’il vous laisse. Votre interlocuteur raisonne en brut parce que c’est la ligne de son budget ; vous raisonnez en net parce que c’est ce qui arrive sur le compte. Poser les deux chiffres sur la table évite qu’on vous accorde ce que vous n’avez pas demandé.

Ajuster à votre situation

Modifiez le salaire actuel, le statut et le nombre de parts pour obtenir votre cas exact — le brut à demander se recalcule en même temps.

Simulateur d’augmentation net gagné et coût employeur
Statut
Net gagné par mois
Net gagné par mois : 317

soit 3 800 € sur l’année. Après impôt, il reste 284 € par mois.

Coût employeur
682 €
charges comprises
Budget par euro net
2,15
ce que l’entreprise engage
Brut à demander
505 €
pour ce montant en net
Rendement
79,2 %
net / brut

Ce que 400 € par mois représentent dans la durée

Un montant mensuel se juge mal. Ramené à l’année et à la carrière, il prend une autre allure. Sur la base d’un salaire de 2 500 € brut, soit 1 979 € net par mois :

  • 3 800 € net sur douze mois, soit l’équivalent de 1,9 mois de salaire net supplémentaires par an.
  • 16,0 % de votre net actuel — c’est le chiffre à comparer à l’inflation de l’année pour savoir si votre pouvoir d’achat progresse réellement ou se maintient.
  • 17 050 € après impôt sur cinq ans, à salaire inchangé par ailleurs. Et ce calcul sous-estime le total : une augmentation devient la base des suivantes, qui s’appliquent donc à un salaire déjà relevé.

C’est cette composition qui distingue une augmentation d’une prime du même montant annuel. La prime s’arrête l’année où elle n’est pas reconduite ; l’augmentation continue, et elle entraîne avec elle le salaire de référence du chômage, l’assiette des cotisations retraite et le calcul des indemnités de rupture.

Ce qu’il faut savoir avant de demander

  • Ce n’est plus une augmentation, c’est une renégociation de poste. 400 € brut représentent 16,0 % du salaire : un montant que les entreprises accordent rarement à poste constant. La discussion se mène généralement à l’occasion d’un changement de fonction, d’une promotion, ou d’une offre concurrente.
  • L’augmentation relève votre salaire de référence. Celui-ci sert de base à l’allocation chômage et aux indemnités de rupture, qui se calculent sur la moyenne des douze derniers mois. Une hausse de 400 € obtenue aujourd’hui pèse donc au-delà de votre fiche de paie.
  • Le nombre de parts fiscales déplace l’après-impôt, pas le net. Le bulletin affiche 317 € quel que soit votre foyer. C’est ensuite que l’écart apparaît : un couple avec deux enfants conserve 317 € là où un célibataire garde 284 €.
  • Votre convention collective fixe un plancher, pas un plafond. Le minimum conventionnel de votre coefficient est opposable à l’employeur : si votre salaire est en dessous, la demande n’est plus une négociation mais une régularisation. Vérifiez votre grille sur la page des conventions collectives.

La même somme en prime : ce que vous perdriez

Une entreprise qui hésite propose souvent une prime plutôt qu’une augmentation. À budget identique — 8 178 € sur l’année, charges comprises — elle pourrait verser une prime unique d’environ 6 483 € brut, qui laisserait 5 178 € net et 4 647 € après impôt.

Face à cela, l’augmentation rapporte 3 800 € net sur la même année. Les deux montants sont du même ordre : l’écart ne se joue pas la première année, il se joue après. La prime arrive en une fois, ce qui la rend visible mais fragile : elle disparaît l’année où le résultat de l’entreprise baisse. L’augmentation, elle, est contractuelle.

  • L’augmentation est acquise et se reconduit sans être renégociée. La prime est le plus souvent discrétionnaire.
  • Elle sert de base aux augmentations suivantes, qui s’appliquent donc à un salaire déjà relevé.
  • Elle relève le salaire de référence retenu pour l’allocation chômage et les indemnités de rupture.
  • Elle accroît l’assiette des cotisations retraite chaque année où elle s’applique, et non une seule fois.

À budget égal pour l’employeur, une augmentation vaut donc structurellement plus qu’une prime. C’est l’argument à poser quand on vous propose la seconde — et le calcul détaillé est sur la page prime en net.

À retenir

Le rapport de 2,15 € de budget par euro net gagné explique pourquoi les négociations achoppent plus souvent en bas de grille : plus le salaire est proche du SMIC, plus l’euro net coûte cher à l’entreprise. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est la mécanique de la réduction générale.

Questions fréquentes

Une augmentation de 100 € brut, ça fait combien en net ?

Environ 78 € net sur le bulletin, pour un salaire de 2 500 € brut et un statut non cadre. Après impôt, le gain réel tourne autour de 70 €. Le taux de conversion n’est pas fixe : il varie avec le statut, le niveau de salaire et le franchissement éventuel du plafond de la Sécurité sociale.

Combien faut-il demander en brut pour gagner 100 € net ?

Environ 126 € brut sur un salaire de 2 000 €. C’est la confusion la plus fréquente au moment de formuler une demande : annoncer « je voudrais 100 € de plus » sans préciser l’unité conduit à négocier sur le brut, puis à recevoir un quart de moins que prévu. Le simulateur affiche les deux montants.

Pourquoi est-il plus difficile d’obtenir une augmentation sur un bas salaire ?

Parce qu’elle coûte relativement plus cher. La réduction générale de cotisations patronales s’applique jusqu’à 3 SMIC et décroît continûment : augmenter un salaire proche du SMIC fait perdre une part de cette réduction, qui s’ajoute au coût de la hausse elle-même. L’entreprise engage donc davantage de budget pour un même gain net. Ce n’est pas un argument à accepter, mais c’est un mécanisme à connaître pour comprendre la réponse qu’on vous oppose.

Vaut-il mieux une augmentation ou une prime ?

Une augmentation, à budget employeur comparable. Elle est acquise, sert de base à toutes les augmentations suivantes, relève votre salaire de référence pour l’allocation chômage et entre dans le calcul des indemnités de rupture comme de l’assiette retraite. Une prime versée une fois n’a pratiquement aucun effet sur ces points. C’est l’argument à avoir en tête quand l’entreprise propose la seconde.

Une augmentation peut-elle me faire changer de tranche d’imposition ?

Oui, si elle porte votre revenu annuel au-delà d’un seuil du barème. Le franchissement ne concerne toutefois que la fraction qui dépasse le seuil, jamais la totalité du revenu : une augmentation ne peut pas vous faire gagner moins qu’avant. L’idée inverse est très répandue, et fausse.

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